822 milliards d’euros : le coût déjà visible du climat pour l’économie européenne
- Institut CGS

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Le climat : un risque économique déjà bien réel pour les entreprises

Entre 1980 et 2024, les événements météorologiques et climatiques extrêmes ont provoqué environ 822 milliards d’euros de pertes économiques en Europe. Ce chiffre provient d’une analyse de l’Agence européenne pour l’environnement (EEA, octobre 2025), qui examine l’impact économique des catastrophes climatiques (inondations, tempêtes, vagues de chaleur ou sécheresses) sur les infrastructures et les activités humaines.
L’étude souligne également une accélération récente du phénomène : une part importante de ces pertes a été enregistrée depuis 2021, signe que les impacts économiques du changement climatique s’intensifient.
Ces pertes ne concernent pas seulement les territoires ou les infrastructures publiques. Elles affectent directement les activités économiques et les organisations.
À partir de ce constat, une question devient centrale : comment les entreprises peuvent-elles intégrer les risques climatiques dans leurs décisions de gestion ?
Quand le climat interrompt l’activité des organisations
Pour de nombreuses entreprises, les risques climatiques prennent déjà une forme très concrète :
Un site industriel peut être inondé à la suite d’un épisode pluvieux extrême ;
Une tempête peut provoquer des coupures d’électricité et interrompre une production ;
Une sécheresse peut limiter l’accès à l’eau nécessaire à certaines activités ;
Une vague de chaleur peut rendre certaines conditions de travail difficiles ou entraîner l’arrêt temporaire de certains équipements ;
Dans ces situations, le climat agit comme un facteur d’interruption d’activité. Autrement dit, les événements climatiques extrêmes ne constituent plus seulement un enjeu environnemental. Ils deviennent un risque opérationnel pour les organisations.
Un risque encore largement invisible dans la gestion des entreprises
Malgré cette réalité, les risques climatiques restent encore peu intégrés dans les systèmes de gestion des entreprises. Les organisations disposent d’outils très développés pour piloter leurs performances économiques : comptabilité financière, contrôle de gestion, indicateurs de performance ou gestion des risques. Mais elles disposent rarement d’instruments permettant d’analyser leur dépendance aux conditions écologiques et climatiques.
Or toute organisation dépend d’un ensemble de ressources et d’infrastructures susceptibles d’être affectées par les événements climatiques :
l’accès à l’électricité ;
l’accès à l’eau ;
l’état des infrastructures de transport ;
les conditions de travail des salariés ;
la stabilité des chaînes d’approvisionnement.
Lorsque ces dépendances ne sont pas identifiées, les risques climatiques restent largement extérieurs aux décisions économiques.
La double matérialité : un nouveau cadre pour penser les risques
C’est précisément pour répondre à cette difficulté que les cadres européens de la durabilité introduisent aujourd’hui la notion de double matérialité. Ce principe, au cœur de la directive européenne CSRD et des normes ESRS, invite les entreprises à analyser simultanément deux dimensions :
l’impact de leurs activités sur l’environnement et la société ;
les risques que les transformations environnementales font peser sur leurs activités.
Dans cette perspective, les risques climatiques ne sont plus seulement considérés comme un problème environnemental. Ils deviennent également un enjeu financier et stratégique pour les entreprises. La double matérialité ouvre ainsi la voie à une transformation des systèmes d’information et de gestion, en intégrant les enjeux écologiques dans les processus de décision.
Du reporting au pilotage de la durabilité
Cette évolution marque un déplacement important.
Pendant longtemps, la durabilité a été abordée principalement à travers des démarches de reporting ou de communication. Mais les transformations climatiques obligent désormais les organisations à aller plus loin. Elles doivent être capables de :
identifier les ressources naturelles et infrastructures critiques dont dépend leur activité ;
analyser les risques climatiques physiques qui peuvent affecter leurs opérations ;
anticiper les interruptions d’activité liées aux événements extrêmes ;
intégrer ces risques dans leurs décisions stratégiques et leurs investissements.
Autrement dit, la durabilité ne peut plus être réduite à un exercice de reporting. Elle devient progressivement un enjeu de pilotage des organisations.
Informer et piloter la durabilité
Cette transformation implique de nouvelles compétences pour les professionnels de la gestion, de la finance, du contrôle de gestion ou de la durabilité. C’est précisément l’objectif de la formation « Informer et piloter la durabilité », qui propose d’explorer les transformations en cours dans les systèmes d’information et de gestion des organisations face aux enjeux écologiques.
La formation vise notamment à :
comprendre les nouveaux cadres européens de la durabilité, notamment la CSRD et les normes ESRS ;
analyser les implications stratégiques de la double matérialité pour les organisations ;
dépasser une approche purement déclarative de la durabilité ;
mobiliser des cadres analytiques permettant d’intégrer les enjeux écologiques dans les systèmes de gestion, notamment la comptabilité écologique C.A.R.E.
Dans un contexte où les risques climatiques deviennent de plus en plus tangibles pour les entreprises, la question n’est plus seulement de comprendre la durabilité, elle est désormais de savoir la piloter.




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