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Canicules, sécheresses, incendies : après l’alerte, comment s’organiser ?

Updated: 17 hours ago

À la rentrée, l’Institut CGS ouvre une série de dix Décryptages consacrés au pilotage des stratégies climatiques


🌍 Les Décryptages de l’Institut CGS

Nos formateur·rice·s partagent leurs analyses pour éclairer la transition soutenable.


Canicules à répétition, sécheresses, incendies : l’été 2026 a une nouvelle fois rendu le changement climatique impossible à tenir à distance.

Il n’est plus nécessaire d’en reprendre longuement le constat. Les événements sont connus, leurs conséquences sont visibles et les connaissances scientifiques sont largement documentées.


À l’approche de la rentrée, la question est ailleurs :

comment transformer cette prise de conscience en une action organisée, cohérente et pilotable ?


Car les organisations ne manquent plus nécessairement d’informations climatiques.

Beaucoup disposent désormais d’un bilan d’émissions, d’objectifs de réduction, d’un plan de transition ou d’un horizon de neutralité carbone. Pourtant, les trajectoires mondiales restent incompatibles avec les objectifs de l’Accord de Paris.


Le problème ne réside donc plus seulement dans la nécessité d’agir.

Il tient à la manière dont l’action est organisée.


Le climat ne manque pas d’objectifs

Depuis plusieurs années, les engagements climatiques se multiplient. Les États définissent leurs contributions nationales. Les territoires élaborent des plans climat. Les secteurs construisent des feuilles de route. Les entreprises mesurent leurs émissions et annoncent des objectifs à horizon 2030 ou 2050.


Ces démarches sont indispensables mais leur multiplication ne garantit pas leur cohérence. Comment savoir si la trajectoire d’une entreprise contribue réellement à l’objectif collectif ? Comment répartir les efforts entre des organisations dont les activités, les responsabilités et les capacités de transformation diffèrent ? Comment éviter que la réduction des émissions d’un acteur ne corresponde simplement à leur déplacement vers un autre ?


La difficulté est également temporelle. Une organisation peut atteindre un objectif fixé pour 2035 tout en ayant émis beaucoup trop au cours des années précédentes. À l’inverse, une transformation engagée rapidement peut préserver davantage de marge de manœuvre pour l’avenir.


Le point d’arrivée compte mais le chemin parcouru pour l’atteindre compte également. C’est pourquoi une stratégie climatique ne peut pas être évaluée uniquement à partir d’une succession d’objectifs ou de pourcentages de réduction.


Une trajectoire ne suffit pas à organiser la transformation

Une trajectoire climatique indique une direction. Elle permet de représenter l’évolution souhaitée des émissions et de fixer des objectifs dans le temps. Mais une trajectoire ne décide pas, à elle seule, des transformations à engager. Elle ne précise pas nécessairement quelles activités doivent évoluer en priorité, quels investissements doivent être réalisés, quelles ressources doivent être mobilisées ni quels arbitrages doivent être rendus.


Or les émissions ne diminuent pas parce qu’elles sont mesurées. Elles diminuent lorsque des décisions sont prises, que des activités sont transformées et que des moyens humains et financiers sont effectivement engagés.


Mettre en œuvre une stratégie climatique suppose donc de relier :

  • les limites physiques du système climatique ;

  • les budgets carbone mondiaux, nationaux et sectoriels ;

  • les émissions et les activités de l’organisation ;

  • les objectifs et les plans d’action ;

  • les indicateurs permettant de suivre les résultats ;

  • les ressources humaines et financières ;

  • les responsabilités et les dispositifs de gouvernance.


Ces questions ne relèvent plus uniquement de la sensibilisation, du reporting ou de la communication climatique. Elles relèvent de la gestion.


Du bilan carbone au budget carbone

Le bilan carbone demeure indispensable. Il permet de mesurer les émissions produites au cours d’une période, d’en identifier les principales sources et d’orienter les premières actions de réduction. Mais il mesure un flux. Or le réchauffement climatique dépend de l’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les émissions d’une année doivent donc être appréciées au regard d’une quantité totale limitée d’émissions encore compatible avec un niveau de réchauffement donné.


C’est ce que permet la notion de budget carbone.


Le passage du bilan au budget change la nature de la question. Il ne s’agit plus seulement de demander : « Combien avons-nous émis cette année ? »


Il faut également se demander : « Quelle part du budget disponible avons-nous consommée, et quelle marge nous reste-t-il pour les années à venir ? »


Le climat entre alors dans le champ des arbitrages.

  • Quels projets méritent de mobiliser une partie de cette enveloppe limitée ?

  • Quelles activités doivent réduire leurs émissions plus rapidement ?

  • Certaines activités utiles à la transition peuvent-elles disposer d’une trajectoire différente ?

  • Comment constater un dépassement et réorganiser l’action lorsqu’une organisation s’écarte de son budget ?


C’est à partir de ces questions qu’une trajectoire climatique peut devenir un véritable instrument de pilotage.


Dix Décryptages pour comprendre comment agir

Alors que les conséquences du changement climatique sont maintenant visibles, nous avons consacré ces dernières semaines à préparer une série de dix articles sur la mise en œuvre des stratégies climatiques.


À partir du 31 août, l’Institut CGS publiera chaque semaine un nouveau Décryptage.

Nous partirons de la contrainte climatique mondiale pour arriver progressivement aux décisions prises au sein des organisations.


Nous examinerons notamment :

  • pourquoi la somme des trajectoires nationales et organisationnelles ne garantit pas le respect de la limite mondiale ;

  • pourquoi les émissions doivent être suivies de manière cumulative ;

  • comment articuler les budgets carbone mondiaux, nationaux, sectoriels et organisationnels ;

  • pourquoi la répartition d’un budget carbone ne relève pas uniquement d’un calcul scientifique ;

  • ce que les approches attributionnelles et conséquentialistes changent à cette répartition ;

  • comment traduire un budget carbone en cible, en plan d’action, en métriques et en ressources ;

  • comment suivre l’apparition ou la résorption d’une dette climatique ;

  • comment intégrer ces informations dans les investissements et la gouvernance de l’entreprise.


La série avancera progressivement : comprendre la limite, examiner sa répartition, construire une trajectoire, puis organiser les décisions nécessaires à son respect.


Un cas pratique pour mettre les méthodes à l’épreuve

Plusieurs articles s’appuieront sur le cas fictif du Pain Vivant, une entreprise de boulangerie et de restauration végétale en développement.

Cette entreprise réduit progressivement les émissions associées à chaque boutique. Mais elle prévoit également d’ouvrir de nouveaux établissements.

Son intensité carbone diminue donc, tandis que ses émissions totales risquent d’augmenter.

Cette situation soulève une question difficile :

une activité favorable à la transition peut-elle continuer à croître lorsque le budget carbone global, lui, reste limité ?


Pour y répondre, il ne suffit pas de qualifier une activité de « verte ». Il faut examiner ses effets réels sur le système dans lequel elle se développe :

  • Remplace-t-elle des activités plus carbonées ?

  • Transforme-t-elle les pratiques de consommation ?

  • Son développement permet-il une diminution des émissions à une échelle plus large ?

  • Ou vient-il simplement s’ajouter aux activités existantes ?


Le cas du Pain Vivant permettra de comparer plusieurs méthodes d’allocation du budget carbone, puis d’identifier les actions, les investissements et les arbitrages nécessaires à la construction d’une trajectoire compatible avec cette enveloppe.


De l’information au pilotage

Cette série ne proposera pas une nouvelle méthode de calcul isolée des réalités de l’entreprise. Elle cherchera à montrer comment les connaissances climatiques peuvent être reliées aux outils habituels de la gestion : budgets, plans d’action, investissements, indicateurs, responsabilités et arbitrages. Car mesurer les émissions est indispensable, mais ne suffit pas à les réduire.


Fixer une trajectoire est nécessaire, mais ne garantit pas sa mise en œuvre. Publier des objectifs améliore la transparence, mais ne détermine pas les décisions qui permettront de les atteindre. Le passage à l’action commence lorsque la contrainte climatique entre dans les mécanismes qui organisent réellement l’activité.


Ce qu’il faut retenir pour la rentrée

Les événements de l’été rappellent l’urgence de la situation. Mais l’urgence ne doit pas conduire à multiplier des actions dispersées sans vérifier leur cohérence avec la trajectoire collective. Elle doit nous conduire à mieux organiser la transition.


Mais disposons-nous des outils, des ressources et des dispositifs de décision nécessaires pour transformer cette prise de conscience en stratégie pilotable ?


C’est à cette question que notre série de Décryptages tentera de répondre au cours des prochaines semaines.


Premier rendez-vous le 31 août

Le premier article de la série posera la question de la cohérence entre les différents niveaux d’engagement :


Quand chacun fixe sa trajectoire climatique, qui vérifie le résultat global ?


Nous verrons pourquoi la multiplication des engagements nationaux, sectoriels et organisationnels ne garantit pas, à elle seule, le respect de la limite climatique mondiale.


Pour aller plus loin

Ce Décryptage s’appuie notamment sur :


Un webinaire pour ouvrir la discussion

Pour accompagner cette série, l’Institut CGS organisera un webinaire gratuit le 2 octobre à 12 h.

Nous y présenterons les principes d’une stratégie climatique fondée sur les budgets carbone, les trajectoires d’émissions et le pilotage de la dette climatique.

👉 S’inscrire au webinaire : bientôt disponible


Ce webinaire introduira également la formation « Mettre en œuvre une stratégie climatique en entreprise », organisée les 17, 18 et 19 novembre 2026, à Paris ou en visioconférence.

Pendant trois jours, les participant·es apprendront à construire et interpréter un budget carbone, à définir une trajectoire, à élaborer un plan d’action et à intégrer les enjeux climatiques dans les décisions de l’organisation.


Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 10 novembre, dans la limite de 10 participant·es.



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